Caroline, un multi-engagement transformé et démultiplié par le confinement

Caroline, un multi-engagement transformé et démultiplié par le confinement
5 avril 2020 Emilie

Peux-tu présenter tes activités? Mon activité professionnelle se partage en deux : L’une salariée, comme chargée de développement à l’ADMR de Corse du Sud, – L’autre, comme cheffe d’entreprise, consultante en tourisme et communication depuis dix ans.

Qu’est-ce qui a changé concrètement dans ton travail (rythme, quantité, tenue, …) ? A l’ADMR, nous avons été mis en télétravail depuis le 9 mars, mon confinement a donc démarré une semaine avant tout le monde, et nous avons privilégié les visio conférences et réunions téléphoniques. J’en profite pour faire toutes les demandes de financements/subvention, c’est la période.

Je me fixe des tâches à accomplir dans la journée, et dans la semaine, et je raye (ah la fameuse to do list), ça me fait du bien, il n’y pas de petite victoire!

Pour mon activité de consultante, j’ai l’habitude d’organiser mes rendez-vous dans toute la Corse mais aussi de faire beaucoup de télétravail. Je travaille presque exclusivement avec des collectivités et on va dire que le temps « administratif » et le temps des « entreprises » n’est pas le même. Les dossiers marchent au ralenti mais on communique quand même. Les collectivités sont censées payer les entreprises au bout d’un mois et j’avais un retard de paiement chez l’une d’elles de plus de six mois. Je leur ai mis la pression pour être réglée juste avant le confinement car je sentais bien les problèmes à venir.

Enfin pendant cette période irréelle, je gère également l’association des CBW, car nous sommes toutes touchées par cette crise et j’essaie d’apporter aux membres l’information la plus fiable et la plus actualisée possible dans ce dédale de mesures prises au jour le jour.

J’avoue que m’occuper des autres est également un bon exutoire au confinement et je me sens un peu moins inutile. 

Avec la famille/conjoint/e / enfants, comment ça se gère? D’un point de vue familial et pour notre « santé mentale », nous avons convenu avec mon mari de nous diviser la journée en deux : je bosse le matin et je m’occupe de nos enfants l’après-midi (et vice versa), lui même est professeur de boxe thaï et sa salle a fermé depuis le 16 mars. En fin de journée je retravaille également, cela m’arrive aussi le soir plus tard.

Pour les dossiers « de fond », j’ai pris l’habitude depuis la naissance de mes enfants de me lever vers 5h et de travailler vraiment de manière productive jusqu’à 7h/7h30 lorsqu’ils se lèvent. Ensuite je m’occupe d’eux, je prépare le petit déjeuner, je passe un moment avec eux avant de retourner à mon bureau à 9H.

Quelles difficultés ? Quelles satisfactions s’il y en a? Je passe sur leurs 75 incursions dans mon bureau mais on gère comme on peut. J’arrive à tenir grâce à une petite sieste de 20mn après le déjeuner.

L’après-midi je continue à leur faire l’école, ou on fait des activités créatives, je prends le temps de faire un Monopoly, jeu des 7 familles, on cuisine aussi beaucoup. Nous avons la chance d’avoir une maison avec un jardin, ils peuvent faire du vélo, cela n’a pas de prix.

La veille du confinement, on nous a donné un chiot, un petit cursinu, il fait beaucoup de bien aux enfants (et à nous aussi), les animaux sont les meilleurs anxiolytiques au monde !

Mais parfois quand je pense à tout ce que j’ai à faire et que je ne peux pas faire, je bous intérieurement. J’essaie pourtant de faire abstraction en me disant que je ne peux pas raisonner cette période en termes de productivité, mais de bien être pour tout le monde.

Je me rends compte qu’on essaie de découper la journée en « tranches », de 30 mn à 1h, tout dépend de la concentration de mes enfants, des coups de fil à la famille/aux amis. Ensuite il faut s’occuper aussi de l’école et c’est l’un des aspects les plus pesants. Pour mon fils en CM1, il travaille le lundi/mardi/jeudi/vendredi de 9h à 11h et de 14h à 16h s’il n’a pas fini. Evidemment on se pique des crises. Pour ma fille c’est plus simple, en moyenne section mais elle est très demandeuse ; s’isoler dans un bureau avec elle dans la maison n’est pas simple.

D’un point de vue look/mise en beauté, on va dire que je suis revenue à l’état brut (haha), pas de maquillage, tenue à l’aise, des soins pour ma peau le we, je mise sur le côté frais et pratique !! Pour le sport, je n’ai pas vraiment réussi à mettre en place une routine (malgré un mari très sportif, honte à moi), je me sens tellement vidée de mon énergie à la fin de la journée, j’ai juste envie de me caler sur mon canapé, un bon livre et un plaid.

Pour finir, et comme toujours dans ma vie, la lecture m’aide à vivre, je suis à la moitié de la biographie de Michelle Obama, ce qui me permet de m’évader des pressions professionnelles (que je sais parfaitement me mettre moi même) et familiales…

Ma vision de l’avenir est partagée : reviendra-t-on un jour à la normale ? Est ce que je vais récupérer « ma vie d’avant » ? J’oscille entre vision fataliste et envie de bouffer la vie. Chaque nuit, je fais un rêve dans un lieu dans le monde que je connais, cela fait quatre ou cinq endroits que je parcours, comme si je devais leur dire adieu…

Pour tout contact avec Caroline: corsicanbusinesswomen20@gmail.com

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