Irène, la couture, un métier, une vocation auprès des femmes malgaches

Irène, la couture, un métier, une vocation auprès des femmes malgaches
17 février 2018 Emilie

A Diego Suarez, Irène et son association SAMEVA, avec de nombreux partenaires locaux et internationaux, forme les femmes aux métiers de la couture, afin de leur permettre de faire vivre leur famille, en ville et dans la brousse.

Ton activité : J’ai  créé l’association SAMEVA. Nous fabriquons sacs, pochettes, avec le lamba: c’est un tissu traditionnel malgache: à l’époque et maintenant encore, on le noue comme un paréo. Dans chaque région de Madagascar, ça montre les symboles culturels, la politesse.

On a aussi une boutique au marché couvert public pour la consommation locale, comme les coussins, le linge de maison. .. c’est les stands n°123, 48 et 49. Toutes les femmes de l’association ont la possibilité de vendre leur production là-bas. Il y a des responsables sur place, et dès qu’un produit est vendu,  on appelle la dame.

Et aussi nous vendons aux « Waza » (les touristes, les ONG) comme Médecins du Monde Diego qui nous a commandé 150 sacs en Lamba, ou des boutiques étrangères, l’Alliance Française, ou l’hôtel Restaurant culturel la Terrasse du Voyageur... Pour ces clients-là, on fait travailler des dames que l’on a formées, on vérifie leur savoir-faire, qu’elles respectent les gabarits pour fournir des produits avec une certaine qualité.

Ton parcours:
Très engagée dans la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), j’en ai été élue présidente nationae de la JOC Madagascar en 1981 pour 8 ans. Je travaillais à Tana. Cette grande expérience m’a permis de créer l’association SAMEVA en 2004. J’ai fait deux mandats et ai voyagé  beaucoup pour des réunions au Brésil, en France,en Italie.  J’étais à Rome quand le pape Jean-Paul II a créé les JMJ: un  grand moment!
J’ai une grande sensibilité pour le social, c’est pour cela que j’ai choisi de cibler les personnes les plus démunies. Mon métier, c’est « maîtresse de couture » et je partage tout ce que je sais gratuitement. J’aime aussi écouter les gens, leurs problèmes : avec SAMEVA j’écoute les mamans célibataires qui se sentent délaissées,  que personne n’écoute et je cherche toutes les solutions pour aider chacune.
J’ai choisi le nom SAMEVA pour dire que toutes les femmes, même célibataires, sont fortes et doivent être et se faire respecter . Chez nous les malgaches, les femmes qui ne sont pas mariées sont souvent rejetées par leur famille, déconsidérées par la société.  Ici à Diego, beaucoup de filles aiment l’argent facile, en faisant des massages,voire en se livrant à la prostitution, et ça, ce n’est pas acceptable.

Certaines mamans ont trois enfants de pères différents et doivent les élever seules. Nous, on leur donne un métier, on leur propose une formation gratuite de couture pour qu’elles puissent vivre autrement, dignement. On va dans les campagnes où il y a beaucoup d’enfants non enregistrés. On a signé une convention avec le GIZ, la coopération allemande, car on a une grande expérience pour enregistrer les enfants non reconnus en brousse. On travaille aussi à la formation des jeunes de 12 à 16 ans qui n’ont jamais été à l’école, financée par le PNUD, L’UNICEF. En direction des personnes en situation de handicap, nous faisons de la formation en broderie et coupe couture, en partenariat avec la commune de Diego: nous avons beaucoup de projets de formation et il y a plein de formations à donner.
Nous avons gagné un concours national, on est partis à Tana.

Je la laisse, elle part en brousse pour former les femmes à la couture, et leur apprendre un métier comme alternative à la vente de charbon, car elle les sensibilise au respect des forêts et à arrêter de couper le bois.

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