Sophie, artisan fleuriste, résolument classique dans sa Boutique Pompon, durablement urbaine

Sophie, artisan fleuriste, résolument classique dans sa Boutique Pompon, durablement urbaine
1 décembre 2017 Emilie

Sophie est artisan fleuriste, résolument classique. Dans sa boutique, Pompon, à Montreuil, au sein du Centre Commercial Grand Angle respectueux de l’environnement, elle nous prouve que savoir-faire traditionnel et développement durable peuvent rimer avec plaisir et modernité. Chaque jour, elle s’engage à satisfaire les demandes très variées de clients très différents: un havre de couleurs et de valeurs dans le gris de novembre. 

©Franck Beloncle

Peux-tu décrire ton activité?

Je suis artisan fleuriste, classique. Dans la Boutique Pompon, avec mon équipe, je privilégie les producteurs locaux, les fleurs de saison, les circuits courts, et les petits créateurs.
Mais je ne veux surtout pas passer pour une start-up innovante, qui dit inventer de nouveaux métiers, et remplacer les gens qui sont déjà là: non! Je déteste cette démarche qui tend à ringardiser l’existant.
Je suis une fleuriste classique: on fait du beau, on fait du développement durable, on s’inscrit dans une tradition, et en même temps on va de l’avant: c’est ça qui m’importe. On est là pour tout le monde, pas seulement pour les « bobos » et ceux qui auraient les moyens: C’est ça qui est intéressant.

Quel est ton parcours?
Il est assez logique, mais en même temps assez varié: j’ai commencé par la photo, je suis passée par le web, pour en venir aux fleurs, puis repartir vers la photo et revenir aux fleurs. Mais tout cela dans une très grande cohérence, l’un a nourri l’autre et la boutique est vraiment l’aboutissement de ce parcours où vraiment, toutes mes compétences sont regroupées; tout ce que j’ai pu acquérir se retrouve dans la boutique.

Boutique Pompon

©Franck Beloncle

Tes succès et satisfactions:
Je n’aurais pas la prétention de parler de succès pour la boutique, mais c’est assez satisfaisant, de voir que les gens peu à peu ont compris ce que l’on fait, ce que l’on apporte. Au début ça a été dur d’imposer certains choix, de suivre une certaine ligne: on a revu aussi notre copie, en s’adaptant à certaines personnes, qui auraient par exemple une commande plus classique que champêtre. On a dû s’habituer à les servir, aller chercher le produit qui leur corresponde. La plus grande force de la boutique, c’est de pouvoir répondre à tout le monde. Ca a été un travail de calage pendant un an et demie, deux ans, et ça marche: les fleuristes qui travaillent à la boutique, je les forme à pouvoir répondre à toutes les catégories sociales et culturelles.

Et puis, on vient de renouveler le label « Fleuriste éco-responsable », pour la troisième année. Il atteste de notre démarche éco-responsable, sur des critères comme l’achalandage, les produits locaux, la consommation d’eau, d’énergie, les emballages. Nous avons le niveau le plus élevé, « platinum ». Nos ambitions pour 2018 sur le sujet sont: améliorer notre gestion des déchets, sensibiliser les clients au déchet et à la diminution des emballages. Ce n’est pas un but en soi, mais ça confirme notre démarche globale auprès des clients: c’est une façon de continuer à aller encore plus loin dans ce sens.

Tes difficultés et contraintes:
Il y a toujours des difficultés techniques, logistiques, mais les plus importantes sont sociales, c’est-à-dire qu’il faut recruter les personnes qui vont comprendre ma démarche, le style que j’ai choisi de véhiculer, là où j’ai envie de les emmener.
Aussi, l’enjeu est de convaincre la clientèle: une certaine partie était acquise, mais l’étape d’après était d’aller chercher l’ensemble, de faire que « tout le monde nous aime! », et ne surtout pas s’inscrire dans une niche: on a besoin de tout le monde pour vivre…

Comment s’articule ton activité créative avec ta vie familiale, professionnelle, personnelle?
Très difficilement! Je ne me considère pas comme quelqu’un de créatif, mais comme un artisan, et comme tous les artisans, c’est compliqué: il faut se lever tôt, j’essaie de rentrer tôt, mais vu que je me lève tôt, je n‘ai pas le cerveau très disponible. J’essaie de conjuguer les deux: ça fait beaucoup de fatigue et pas assez de vacances!

Quels sont tes projets dans 5 ans?

Je préfère ne pas en parler pour l’instant, car je ne sais pas si je serai à la hauteur de mes ambitions…

Quelle est la particularité de créer à MONTREUIL?
On est adapté pour Montreuil, on répond à tout le monde: c’est une ville assez cosmopolite, assez variée, et pour ce que je voulais faire c’est une ville parfaite. Je vivais déjà à Montreuil avant de créer.

As-tu un message, une question pour les autres « femmes créatives sans frontières »?
Comment faites-vous pour être aussi créatives? … non, je n’aurais pas de question pour ces femmes qui font des vêtements, de la céramique,… je suis toujours épatée par leur talent. Je ne suis pas comme ça, je suis plus pragmatique.
Quant à un message, je dirais qu’il faut quand-même avoir un côté commerçant pour se lancer, et pas seulement un côté rêveur. C’est pour cela que je me définis plus comme artisan. Je sais très bien que j’ai un côté très commerçant, même si j’ai des périodes où je suis plus créative (je peux partir en vrille!) Mais à côté, je suis hyper stricte: je compte, je réfléchis, j’argumente, comme une commerçante: je vends, quoi!! et ça, si on ne l’a pas constamment en tête, on ne peut pas marcher. Il faut trouver un équilibre entre la création pour certains, et l’objet vendeur pour d’autres. On ne peut vivre de sa passion, que si on sait vendre d‘autres choses.

Boutique Pompon, fleuriste artisan

 

Pour y aller, c’est ici:  15 rue des Lumières (Place Jean Jaurés) 93100 Montreuil (Métro Mairie de Montreuil) Tél : 01 48 58 00 93

Sur la toile, c’est là, en clics vers le site: http://www.boutique-pompon.fr ; Instagram ; Facebook

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